Le MONTGOLFIER atterrit à Heiligenberg

En ce matin du 25 octobre 1870, la brume étend son manteau vaporeux sur les rives de la Seine endeuillée. En effet, le conflit opposant la France de Napoléon III à la Prusse de Bismarck fait rage. Depuis un mois, la capitale est assiégée par les troupes prussiennes. La bataille de Woerth-Froeschwiller, dite bataille de Reichshoffen, a eu lieu le 6 août avec un dénouement tragique pour les troupes françaises.

Le 25 octobre 1870, donc, un ballon quitte Paris. Ce ballon a reçu pour nom « Le Montgolfier » et est affrété par l'administration des postes pour transporter le courrier. Il est piloté par un gabier de la Marine Nationale nommé Sané Hervé. À son bord ont également pris place le colonel de La Pierre et le commandant Le Bouedec, chargés par l'Etat-Major de Paris de prendre le commandement des troupes en province et porter secours à la capitale. Le chargement postal comprend cinq sacs de dépêches d'un poids total de 250 kilos et deux pigeons voyageurs.

Le ballon s'élève dans la brume à 8 h 30 par un temps couvert et prend la direction de l'Est. Le voyage se déroule sans incident. À 11 heures, le commandant Le Bouedec donne l'ordre de la descente. Mais une vive fusillade part du village au-dessus duquel passe le ballon.

Immédiatement, les occupants du ballon larguent un premier puis un deuxième sac de dépêches et le ballon remonte avec une rapidité vertigineuse. Pendant 40 minutes, ils souffrent alors d'un froid intense et sont pris dans un tourbillon de neige et de vent.

À midi quinze, le commandant Le Bouedec tente une deuxième descente. Les aérostiers jettent le câble sur un petit village dont les habitants se portent immédiatement à leur secours. Ce village était notre village de Heiligenberg. Le ballon avait donc parcouru cette distance de 365 km à vol d’oiseau en quatre heures, à une vitesse moyenne de 100 km/h. C'était un record pour un ballon monté.

Dès que les occupants du ballon ont mis pied à terre, les habitants du village les informent qu'une garnison prussienne est cantonnée à Mutzig. Il faut faire vite ! Le ballon est dégonflé à la hâte et ses éléments sont cachés soigneusement. Les aéronautes sont conduits chez l'adjoint au maire Hubert Siat qui leur procure des vêtements de bûcherons. Il les confie à son domestique Antoine Schmitt et au fils du maire Kübler qui doivent les aider à s'échapper.

Avant de partir, en témoignage de reconnaissance à cette population bienveillante, le colonel de La Pierre offre à la jeune fille de cette maison accueillante sa pochette de soie finement brodée à ses armes qu'il portait sur lui.

Après cette heure d'intense émotion, Heiligenberg reprend son aspect paisible. Tous les habitants sont unanimes pour garder le silence sur ce qui vient de se passer.

Très vite, une escouade de la cavalerie prussienne pénètre dans le village et questionne enfants et adultes. Peine perdue : personne n'a vu de ballon.

Ils fouillent la maison de Hubert Siat, mais rien ne sera trouvé. Pris de colère, les prussiens deviennent menaçants : Hubert Siat risque d'être fusillé. Ils infligent une lourde amende de 10 000 francs - somme exorbitante pour l'époque - à la population de Heiligenberg, faute de quoi Heiligenberg sera détruit. Afin de réunir cette somme, chaque habitant apporte sa contribution selon ses moyens, tant et si bien que la somme demandée a pu du être payée.

Ainsi Heiligenberg n'a pas été détruit.

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